Gandiol: quelle importance des politiciens ?

Mouhamet Chérif Counta

Les politiques sont ils en vacances depuis l’élection présidentielle, voire les législatives sur le terroir du Gandiol ? Tout semble l’attester. C’est là peut-être où il faut situer le mal du politique de notre temps : les électeurs désertent de plus en plus le phénomène partisan, convaincus de n’être que des tremplins pour la marche vers le pouvoirDe plus en plus, aux quatre coins du monde -mais ça n’est qu’une digression, j’en reviendrai au cas pratique du Gandiol – la confiance des citoyens, seul fondement à mes yeux de la légitimité populaire, s’érode à une vitesse vertigineuse. N’ayant pratiquement plus de prise sur leur quotidien obscurci de plus en plus par la grisaille économique et l’hypothèque de l’avenir, le discours politique ne prend plus vraiment, ou s’il prend, j’ai la faiblesse d’entrevoir qu’il prend mal.

Ce qui est intéressant et qu’il faut décrypter avec finesse, à mon avis, c’est la multiplication de ce qu’on appelle dans le jargon de la science politique « les formes non conventionnelles de participation politique ». Au Sénégal, il est vrai que les phénomènes de casse et de saccage des lieux publics ne datent pas d’aujourd’hui. En 1988, au lendemain des élections présidentielles et législatives remportées officiellement par le président Abdou Diouf, il y avait eu des pillages lors des émeutes à Dakar (magasins, kiosques éventrés, bus saccagés, bus de transport collectif endommagés). Peut-être que c’est là le degré extrême de la participation politique non conventionnelle.

Mais il est vrai qu’on peut tout de même observer une abondance des associations où les individus se prennent en charge, construisent ensemble des destins et créent entre eux des liens sociaux basés sur l’entraide. J’ai la faiblesse de croire que les grands mythes et les récits mobilisateurs cessent progressivement de l’être dans l’esprit des citoyens désabusés. Comment comprendre qu’au Gandiol, les politiques – ou politiciens, que sais ? – n’attendent que les sirènes électorales pour aller à la rencontre des populations ? On dirait que ces dernières n’existent que dans l’appétit démesuré de ces « bana – banas » du suffrage électoral ?

Dans cette communauté rurale de Ndiébène Gandiol, l’eau potable est une denrée de plus en plus rare. La route goudronnée devant relier Tassinère aux autres villages est toujours attendue. Interrogé sur ce mutisme assourdissant, Cheikh Mouhamet Counta, politicien résidant à Darou Salam, dit s’agiter depuis quelque temps pour que le Président Macky Sall se rappelle ses engagements pour les populations du Gandiol. Lors de l’entre-deux-tours, l’actuel locataire du Palais était à Mboumbaye (dans le Gandiol) à la quête du suffrage des Gandiolais. Le Chérif politicien promet d’apporter, avec ses alliés, son soin au mal de ces derniers.

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Ousmane Gueye
Journaliste, blogueur, passionné de TIC et de sciences politiques

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