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	<title>Le Gandiol en un CliC</title>
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	<description>Au coeur de l&#039;actualié</description>
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		<title>El Malick Seck, journaliste, éditeur de presse</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 02:19:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Grand Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[El Malick Seck]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[« La version classique de la formation des journalistes, qui consistait à leur apprendre les techniques de compte rendu, me ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="alignleft  wp-image-756" alt="Composition2" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/05/Composition23.gif" width="384" height="259" />« <em><strong>La version classique de la formation des journalistes, qui consistait à leur apprendre les techniques de compte rendu, me parait totalement dépassée</strong></em> ».</p>
<p style="text-align: justify">Rencontré à l’hôtel Espadon de Saly (Mbour), le journaliste et éditeur de presse El Malick Seck est d’avis qu’il faut une petite révolution dans le métier de l’information. <a href="http://www.dakaractu.com/Sondage-Thies-Idrissa-Seck-talonne-par-le-journaliste-El-Malick-Seck_a43839.html">Le candidat à la mairie de Thiès</a> plaide pour l’intégration de ce qu’il appelle « les nouvelles tendances » que sont le journalisme de données, les <i>political facts</i> et le journalisme numérique.</p>
<p style="text-align: justify">Le premier consiste dans le traitement de chiffres, de statistiques destinés à une analyse de l’information.<span id="more-754"></span></p>
<p style="text-align: justify">Le deuxième implique la vie politique. Il s’agit, par exemple, de vérifier les propos des hommes qui se disputent l’accès au pouvoir, de confronter leurs discours et de surprendre éventuellement des contradictions.</p>
<p style="text-align: justify">Le troisième, le journalisme numérique, est de plus en plus visible à l’heure de la révolution des tablettes, des Smartphones. Ces techniques paraissent à l’éditeur de presse « beaucoup plus importantes » que les classiques devenues selon lui, « <i>complètement</i> <i>dépassées</i> ».</p>
<p style="text-align: justify">El Malick Seck constate que, de nos jours, l’information est à la portée de tout le monde. Il n’est plus besoin, argue t-il, de se déplacer pour la cueillir. Par conséquent, même ceux qui ne sont pas journalistes peuvent y accéder à l’heure de l’explosion des technologies de l’information et de la communication. II va de soi, compte tenu de tous ces changements majeurs, que «<i> le public, ce qu’il attend du journalisme, ce n’est plus de faire des comptes rendus, mais, c’est d’interpréter et de lui donner une nouvelle façon de voir ces faits qui lui sont présentés </i>», explique-t-il.</p>
<p style="text-align: justify">Le célèbre journaliste plaide également pour l’intégration de filières comme la spécialisation en journalisme en ligne ainsi que la création d’entreprises de presse dans les écoles de formation. El Malick Seck rappelle que, de plus en plus, les journalistes deviennent des patrons de presse et que donc, ils doivent y être préparés en amont. Aussi, tient-il à faire savoir que la durée des formations se révèle très longue alors que les étudiants, de plus en plus, deviennent intelligents. Par conséquent, deux à trois mois suffiraient pour acquérir les techniques de traitement de l’information et passer directement  à la pratique.</p>
<p style="text-align: justify">
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		<title>Saly, vu du dedans</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 01:36:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Reportages]]></category>
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		<category><![CDATA[Saly]]></category>

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		<description><![CDATA[Premier contact avec le réel de Saly ce matin. Il était déjà 8h 30 quand nous nous apprêtions  à quitter ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="alignleft  wp-image-752" alt="ttttttttt" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/05/ttttttttt.gif" width="272" height="332" />Premier contact avec le réel de Saly ce matin. Il était déjà 8h 30 quand nous nous apprêtions  à quitter le <a href="http://www.diambars.org/bienvenue">formidable institut Diambars</a> qui accueille la délégation du Cesti. Dehors,  la Petite Côte se révélait à nous, sous un jour nouveau. Les sujets de reportage ne manquent pas à Saly : tourisme (inévitablement) et tout ce qui y renvoie : les points Change, les calèches, les hôtels, les auberges, les restaurants, la plage.</p>
<p style="text-align: justify">Dans les heures à suivre inchAllah, je vous amènerai à la découverte de plusieurs points importants qui font le bonheur de cette magnifique commune. A suivre donc !<img class=" wp-image-753 alignright" alt="Hotel 1" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/05/Hotel-1.gif" width="596" height="451" /></p>
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		<title>Au coeur de la 125é édition du pélérinage marial de Poponguine</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 01:02:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[marial]]></category>
		<category><![CDATA[pélérinage]]></category>
		<category><![CDATA[Poponguine]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a foule ce matin dans la petite commune de Poponguine, devenu grande, très grande au point d’étouffer de ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="alignleft  wp-image-748" alt="Gandiol" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/05/Gandiol1.gif" width="384" height="271" />Il y a foule ce matin dans <a href="http://www.seneweb.me/295051/le-comite-dorganisation-du-pelerinage-retrace-lhistoire-de-popenguine">la petite commune</a> de Poponguine, devenu grande, très grande au point d’étouffer de tous ces milliers de pèlerins. La masse bigarrée se dispute l’étroitesse des rues de cette zone tranquille que berce l’océan. Vendeurs, grilleurs de viande de porc, simples curieux venus observer ce petit monde en ébullition, fidèles catholiques pressant le pas, de nombreuses jeunes filles et de nombreux garçons visiblement enthousiastes, le pèlerinage marial est une véritable attraction.</p>
<p style="text-align: justify">Et dans cette ambiance de ferveur religieuse, se jouent et se fortifient des relations humaines. C’est le cas du jeune Adama, musulman, venu à la rencontre de sa copine, une jeune catholique. Pour se donner une petite quiétude au milieu de ce beau monde, le couple se retire au bord de l’océan pour s’ériger une place de choix au son des vagues. Adama est étudiant. Il vient de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le pèlerinage est pour lui une occasion de retrouver celle qu’il porte dans son cœur. Mais  les deux amoureux n’ont pas le monopole de ce semblant de paradis. Autour d’eux, toute une masse de pèlerins, les uns allant et revenant, les autres ayant le regard figé sur les vagues de l’océan comme s’ils les découvraient pour la première fois.</p>
<p style="text-align: justify">Adama et sa copine sont de cette catégorie-là. Sauf que l’attention du couple est moins captée par les eaux, tous deux s’étant mis face à face, se regardant timidement. On aurait dit qu’Adama a invité sa dulcinée sur ces lieux pour lui suggérer que le sentiment qu’il a pour elle est aussi infini que l’horizon bleu de l’océan qui semble se joindre au bleu du ciel, là-bas au large.</p>
<p style="text-align: justify">Au loin, sur le sable fin, résonnent des hauts parleurs amplifiant la voix de la messe. C’est à ce moment qu’arrive l’équipe du Cesti en partance pour Saly, lieu du séjour rural des étudiants de la deuxième année. Ces derniers se fondent ensuite dans la foule, après s’être répartis en équipe de trois : télévision, presse écrite et radio. Les premiers sont invités à filmer la messe tandis que les autres vont en reportage sur des sujets de leur choix. Les angles de traitement de l’information ne manquent pas : la grillade de la viande de porc, la messe, le contenu de la prière des fidèles catholiques, la vente à la criée etc. A treize heures, toute la collecte de données est faite. Les futurs journalistes et leurs encadreurs peuvent reprendre le bus en direction de Saly. La messe est dite. <img class=" wp-image-747 alignright" alt="Cesti" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/05/Cesti.gif" width="597" height="415" /></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Entretien avec Mademoiselle Isabelle Dominique Coly, sage femme d’Etat, responsable du poste de santé de Tassinère</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 22:14:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Grand Entretien]]></category>
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		<description><![CDATA[ « Au niveau du Gandiol, c’est surtout l’hypertension artérielle et les infections respiratoires aigues qui  sont les maladies les plus fréquentes ». ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><b> <img class="alignleft  wp-image-742" alt="Isabelle" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/05/Isabelle.gif" width="202" height="219" /></b><i>« Au niveau du Gandiol, c’est surtout l’hypertension artérielle et les infections respiratoires aigues qui  sont les maladies les plus fréquentes »</i>.</p>
<p style="text-align: justify">L’huitre connait une activité quasi fébrile à Gandiol. Dans  cette communauté rurale forte de 29 villages avec une superficie de 600 km², l’exploitation de ce produit du fleuve rythme le quotidien d’une masse de femmes. Cela est à mettre en corrélation avec l’inoccupation de certaines d’entre elles en dehors des tâches ménagères. L’autre facteur pouvant incliner ces dernières à travailler dans ce domaine est que la population de la communauté rurale (avoisinant les  15095 habitants), est concentrée dans la zone côtière. <span id="more-741"></span>Il n’y a pas motif à se soucier à, en croire la responsable du poste de santé de Tassinère : « <i>Les fruits de mer ont un effet assez toxique sur l’organisme de la personne. Ça, c’est assez universel. Mais quand l’utilisation est faite avec modération, je ne pense pas que ça a un effet </i>».  Selon Mademoiselle Isabelle Dominique Coly, au début, quand la population a commencé à s’adonner à cette activité, il s’est signalé des intoxications alimentaires vite jugulées par une forte sensibilisation des agents des Eaux et Forêts.</p>
<p style="text-align: justify">Par contre, la sage femme d’Etat est catégorique quant aux maladies les plus fréquentes dans la communauté rurale de Ndiébène Gandiole. Il s’agit de l’hypertension artérielle et des infections respiratoires aigues. Toutes deux s’expliquent par l’environnement. La plupart des repas –pour ne pas dire tous- font appel au sel et à l’huile, sans compte le fait que les femmes travaillent dans l’exploitation de cet  « or blanc » à Tassinère. Elles y exposent alors les extrémités de leurs doigts et le sel les pénètre par voie cutanée.</p>
<p style="text-align: justify">Le Gandiol est aussi riche du fleuve Sénégal et de l’océan atlantique. Tous deux sont à l’origine du vent fort qui souffle sur la zone. Cela peut être à l’origine d’infections respiratoires aigues.</p>
<p style="text-align: justify">Au sujet de la<a href="http://seninfos.com/index.php/actualite/4205-couverture-maladie-universelle-lueur-despoir-pour-plus-de-80-des-senegalais"> <b>couverture médicale universelle</b></a>, Mademoiselle Coly tient à savoir : « <i>On est en train de démarcher la dessus, parce que, cette couverture implique nécessairement la création de mutuelles, donc, une forme de mutualisation autour des postes de santé </i>». Néanmoins, tout n’est pas du ressort de la responsable du poste de santé de Tassinère : « <i>Ça ne dépend pas carrément de nous, ça dépend des autorités locales </i>».</p>
<p style="text-align: justify">S’il y a des avancées majeures, c’est à propos de la vaccination. Des progrès énormes ont été enregistrés, succès qu’Isabelle Dominique Coly met sur le compte de la maturité de la population. « <i>Ce sont des gens qui aiment bien venir se faire vacciner</i> », dit-elle d’un air satisfaite. Tous les deux à trois mois, la sage femme se déplace, nous fait-elle savoir, dans les villages les plus reculés pour une vaccination sur place. « <i>Le taux de décès pour les maladies juvéniles est bas, il n’y a pas de chiffres, mais on le sent </i>», avance t- elle.</p>
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		<title>L’incroyable histoire d’Abdoulaye Gueye</title>
		<link>http://ousmanegueye.mondoblog.org/2013/05/19/lincroyable-histoire-dabdoulaye-gueye/</link>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 22:13:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Gandiolais du mois]]></category>
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		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
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		<category><![CDATA[Ouro-Guedj]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsqu’il partait à la conquête du destin, Abdel était encore très jeune. Après plusieurs années passées dans le commerce – ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><b><i><img class="alignleft  wp-image-740" alt="Composition&amp;" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/05/Composition.gif" width="412" height="357" />Lorsqu’il partait à la conquête du destin, Abdel était encore très jeune. Après plusieurs années passées dans le commerce – mais, il a d’abord employé ses forces dans les travaux champêtres-, cet étonnant aventurier se rendit compte que l’horizon se fermait de plus en plus à lui. C’est alors qu’il décida, en 1998, avec l’impérieuse furie de réussir, de prendre congé de son Gandiol natal … vers une destination ….<span id="more-735"></span></i></b></p>
<p style="text-align: justify">Un soir, raconte Maty Sow, une femme avec qui il partageait la même demeure à Dakar, Abdoulaye Gueye lui présenta des chaussures, de grosses chaussures  qu’il venait d’acheter. Il fit savoir à la maman qu’il allait à la recherche d’un emploi. Ce soir &#8211; là, le jeune homme prit expressément le parti de passer la nuit loin de chez Maty pour que le moindre propos désarmant ne vînt contrarier son obstination à partir.</p>
<p style="text-align: justify">Indécis, celui-là ? Allons donc ! Ce jeune homme, issu de l’ethnie peule, en dépit de son nom qui le rattache davantage aux Wolofs, décida de partir sur un coup de colère. Colère d’abord de voir son destin figé alors qu’il le voulait en marche. Colère ensuite de voir le quotidien de ses camarades dicté par la loi de la répétition alors qu’il était assoiffé de nouveauté. Colère enfin d’améliorer le niveau de vie de ses parents puisqu’il est l’aîné. Et pour partir,  il avait arraché l’accord de ces derniers, qui, après moult refus, se cédèrent à la rage de leur fils.</p>
<p style="text-align: justify">L’infini des déserts – dans toute l’acception du terme- s’ouvrait alors à lui. Première escale : la Mauritanie. Nouadhibou l’accueillit pour sept mois. C’est à partir de là qu’il voulait se rendre en Espagne, mais impossible. Abdel plia, mais ne rompit jamais. Un bon de côté : il se retrouva à Rousso Sénégal. Pendant tout son séjour en Mauritanie, il ne put appeler ses parents, à Gandiol, sevrés de ses nouvelles depuis le jour où il les avait quittés. Le téléphone n’était pas aussi accessible qu’aujourd’hui en effet. Une idée se fit jour dans l’esprit de celui qu’on surnommait <i>Mor Yombelé</i> (celui qui vend à moindre prix, allusion à son métier de boutiquier) : emprunter le chemin escarpé de la Libye pour le royaume d’Espagne. Sa trajectoire : Rousso Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger, Libye, Algérie. Un chemin qui lui prit deux ans au total puisque ses escales pouvaient s’étendre sur plusieurs mois.</p>
<p style="text-align: justify">En Libye par exemple, Abdoulaye Gueye a séjourné pendant six mois en qualité de gardien d’une maison cossue. Sans salaire fixe, il était payé au gré des humeurs de son employeur, un homme riche qu’il décrit comme généreux, très obligeant à son égard et qui l’aimait d’une affection sans bornes. En dépit des bonnes relations qu’il avait avec ce dernier, Abdoulaye Gueye tenait, plus qu’à tout, à entrer au Maroc. Pour se soustraire à la bienveillance de son patron, il prétexta avoir perdu son grand-père et que donc, il devait retourner au Sénégal. La ruse fit rapidement son effet. Néanmoins, l’étape qui l’a le plus marqué parce que « <i>longue et périlleuse</i> », dont les souvenirs s’agitent encore dans son esprit, est celle entre la Libye et le Niger. A Agadez, dans ce dernier pays, il patienta pendant vingt jours pour que le camion qui devait le conduite vers le pays de feu Mouammar Kadhafi fît son plein : deux cents personnes à bord, avec bagages. Son escale au Maroc n’est pas aussi dépourvue de souvenirs : venant fraichement de la Libye, il avait épuisé son argent aux fins de venir en aide à ses compagnons d’infortune. C’est alors que son papa lui vint au secours en lui envoyant quelques billets de francs.</p>
<p style="text-align: justify">Tous ces exploits seraient-ils à mettre sur le compte de la bravoure ? Du courage ? Abdoulaye suggère la négative. Pour lui, à vingt ans, tout ce qui le faisait vibrer était la douce insouciance : « <i>Je n’avais pas conscience du danger</i> », répond-il. Ce qui est sûr, c’est qu’après maints essais, Abdel réussit enfin à entrer en Espagne. Il a été accueilli par la croix rouge  où il a passé près de deux mois. A l’époque, explique-t-il, il fallait dire qu’on vient des pays comme le Congo pour être admis. C’est parce que, dans cette partie de l’Afrique du Centre, il ne manquait pas de guerres en général et que donc, ceux qui en venaient, étaient vus comme des réfugiés. Là, il fit la rencontre d’un Sénégalais qui le mit en contact avec son frère à Barcelone. Dans cette ville réputée d’Espagne, Abdoulaye Gueye déposa pour un boulot avant d’être appelé deux jours plus tard. C’était positif. Il travailla comme journalier dans une usine. Ce qui l’y a le plus aidé, c’est qu’entre temps, on lui a envoyé son extrait de naissance et il s’est fait son passeport en Espagne-même.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui, le Gandiolais s’est bien acclimaté à <a href="http://www.ibiza.islasbaleares.com/fr/ile-dibiza-ibiza-eivissa-dans-les-iles-baleares.html" target="_blank">Ibiza</a>, Baléares. Il se débrouille pas mal dans la langue de Cervantès, en plus de l’anglais et du français, rencontrés dans son long périple. Abdoulaye travaille comme chauffeur, métier de son rêve, même s’il n’est l’idéal.</p>
<p style="text-align: justify">Son temps est partagé alternativement entre un camion et un bus. Toutefois, à l’heure actuelle, c’est plutôt le camion qui l’emporte car les touristes (qu’il conduit en bus) se font rares en cette période de rigueur hivernale. Cet emploi lui rapporte 1500 euros par mois et il en dépense 300 pour sa chambre. Le reste sert à satisfaire la dépense quotidienne pour sa famille restée à Gandiol.</p>
<p style="text-align: justify">A trente-trois ans, Abdel a acquis une solide expérience. Suffisante en tous les cas pour faire savoir à ses frères du Gandiol en général, de l’Afrique en particulier, que tous les happy-end qu’on dit de l’immigration ne sont pas vrais et qu’une vision trop géniale de l’Europe est malheureusement bien répandue dans la jeunesse de son pays. Aussi, fustige-t-il le fait que les dirigeants africains prêchent sous tous les cieux l’intégration économique et que partout, pourtant, les fils du continent souffrent sur les frontières. Rien ne trouve grâce dans l’opinion de ce fin voyageur, même pas la politique agricole de son pays : le Sénégal. Abdoulaye confie qu’il a beaucoup investi dans l’agriculture et que ça n’a jamais « décollé ». « <i>Nos présidents de la République nous exhortent toujours à cultiver la terre sans jamais nous en donner les moyens. L’avancée de la salinité des sols à Gandiol est criante et aucun emploi n’y existe</i> ». Abdel ajoute que s’il avait la possibilité, il y construirait une usine en employant trois mille à quatre mille jeunes. « <i>J’y ai beaucoup investi, notamment dans le commerce, en vain</i>… », se désole-t-il. Eternel râleur Abdoulaye ! Maty Sow, évoquée plus haut, tient sur lui des témoignages élogieux : « <i>C’est un homme d’une grande générosité, discipliné, respectueux de ses parents, attaché à ses proches, d’un sang-froid à toute épreuve…, paisible </i>».</p>
<p style="text-align: justify">Après son deuxième mariage, Abdoulaye Gueye sent sa responsabilité plus accrue dans son village natal : Ouro Guèdj. Il s’y rend régulièrement, issu de parents cultivateurs et commerçants. Son teint clair et sa longue chevelure  ne l’ont pourtant jamais incliné à convoler avec les Espagnoles. Abdoulaye se dit plus proche de ses parents peuls. D’une taille moyenne quand ce n’est très petite, il rêve un jour, de rentrer enfin et de monter des entreprises au Sénégal. Son plus grand regret ? N’avoir pas été à l’école française : « <i>On vit piégé quand on n’est pas instruit </i>», dit-il comme pour ériger une maxime.</p>
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		<title>L&#8217;étrange destin de Karim</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 17:07:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Exercices d'analyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Le mandat de dépôt émis contre Karim Meissa Wade vient réprimer les espoirs de ceux qui pensaient si légèrement pouvoir ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_731" class="wp-caption alignleft" style="width: 274px"><img class="size-full wp-image-731" alt="Source: http://burkina24.com/" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/04/Karim.jpg" width="264" height="191" /><p class="wp-caption-text">Source: http://burkina24.com/</p></div>
<p style="text-align: justify"><em><b>Le mandat de dépôt émis contre Karim Meissa Wade vient réprimer les espoirs de ceux qui pensaient si légèrement pouvoir le tirer d’affaires. Dans une</b></em><b><i> </i></b><b><i><a href="http://www.seneweb.com/news/Societe/karim-wade-ecrit-une-lettre-ouverte-aux-senegalais_n_47549.html">lettre aux Sénégalais</a> </i></b><em><b>datant du 03 Juillet 2011, l‘ex- petit prince de la République s’offusquait du fait qu’il est « jugé dans des procès sans défense, « condamné » sans recours possible ». Et ce, sans jamais qu’il soit « entendu ». Désormais, il peut s’enorgueillir de la perspective que ce sera chose possible. Car dans le silence de sa citadelle carcérale, celui qui n’a « jamais perdu » aura tout le loisir d’affûter son argumentaire</b></em>.<span id="more-730"></span></p>
<p style="text-align: justify">Il est sans cœur, le destin ! Comment, en si peu de temps, le fils si abondamment louangé est-il tombé, loin de son protecteur de père, proie de  la curiosité des médias, dans l’impuissance la plus absolue ?  Il y a quelque temps, évoquer ce scénario tenait encore de la gageure. Et ce, parce que simplement fils d’Abdoulaye Wade, Karim Meissa restait hors de toute obligation de répondre de sa gestion.</p>
<p style="text-align: justify">C’est pourquoi, n’en déplaise à tous ceux que l’idée ennuiera, sa chute est un événement. Une chute tout aussi fracassante qu’instructive. Désormais, dans la marche de la République &#8211; j’entends de toutes les Républiques qui se respectent-, les fils apprendront à s’éclipser au profit des citoyens tout comme les histoires d’amour et d’affection seront circonscrites dans les strictes limites du privé.</p>
<p style="text-align: justify">Abdoulaye Wade nous avait habitués à ses sorties ridicules où il s’épanchait sans jamais s’interrompre sur ses états d’âme. S’il ne nous parlait pas du « fils  biologique », c’est du « fils adoptif » qu’il nous entretenait. Il ne manquait presque jamais l’occasion de faire allusion au champ lexical de la famille.</p>
<p style="text-align: justify">L’ancien président de la République avait poussé le guignolesque jusqu’à spéculer sur le nom de son successeur. Et c’est là où gît le drame : dans cette conviction messianique qu’un locataire du palais doit choisir la couleur de notre destin. Vous rappelez vous encore cette phrase aux accents divins : <i><a href="http://www.seneweb.com/news/Politique/entretien-abdoulaye-wade-laquo-mon-depart-creerait-un-chaos-pire-qu-rsquo-en-cote-d-rsquo-ivoire-raquo_n_48457.html">après lui, Wade avait annoncé que ce sera le chaos</a>.</i> Hélas, ce propos aux allures de lapsus est bien souvent une vérité chez nous. Nos dirigeants ont la manie de jouer aux « présidents-sorciers » ne retenant de la démocratie que celle dite « procédurale ». C’est un escamotage bien calculé car la démocratie, si complexe, est plus qu’un moment électoral, elle consiste dans cette vigilance que chaque citoyen doit exercer sur lui-même et sur ceux qui le dirigent. Et ce, dans l’esprit que lui imprime Pierre Rosanvallon : « <em>La seule définition</em> universelle <em>possible de la démocratie est</em> ainsi <em>celle qui en radicalise les exigences</em> ».</p>
<p style="text-align: justify">Le passage de Karim Meissa Wade par la cage Rebeus n’est pas dépourvu de symbole. Il implique que la prison est une fossoyeuse des clivages sociaux et que donc, en dépit de nos différences, chacun d’entre nous y a sa place. La seule astuce qui vaille pour y échapper, c’est d’être fidèle, non à l’affection aveugle et aveuglante d’un père, mais de la vérité. Au fond, pour être juste, Abdoulaye Wade aurait simplement pu commencer sa phrase par cette apostrophe : « <em>Karim, après moi, c’est le chaos</em> ».</p>
<p style="text-align: justify">
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		<title>Gandiol: 12 villages électrifiés</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Apr 2013 14:21:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a déjà quelque temps depuis que, sur ce blog, nous vous parlons du manque de courant électrique à ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_721" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><img class=" wp-image-721 " alt="Source: Senego.net" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/04/poteaux-300x199.jpg" width="210" height="139" /><p class="wp-caption-text">Source: Senego.net</p></div>
<p style="text-align: justify">Il y a déjà quelque temps depuis que, sur ce blog, nous vous parlons du manque de courant électrique à Gandiol. <a href="http://ousmanegueye.mondoblog.org/2011/12/11/le-gandiol-sur-un-air-de-modernisation-2/" target="_blank">De l’air de modernisation</a> au  coup de <a href="http://ousmanegueye.mondoblog.org/2011/02/14/les-habitants-de-degou-niayes-crient-leur-grogne/" target="_blank">colère des habitants de dégou-Niayes</a> qui se disaient oubliés dans les infrastructures. C’est chose en train d’être résolue puisque douze villages viennent à leur tour d’être électrifiés. C’est le cas de Ndiol, Gouy Reine, Mboumbaye, Dégou-Niayes, Lakhrar, Gniling Mbao, Rimbakh, etc. Justice « infrastructurelle » est donc faite à tous ces villageois qui ne demandent qu’à accéder à de meilleurs conditions de vie. Dans les jours à venir –puisqu’on en parle-, nous vous proposerons plusieurs reportages comme nous avons déjà commencé sur ce blog. Les sujets seront aussi divers que la santé des femmes surtout, l’accès des populations aux soins, le travail des femmes dans les champs, les réalisations et les défis qui se posent au Conseil rural de Ndiébène Gandiol. Les douze villages de de cette communauté rurale ont été électrifiés grâce à l&rsquo;Aser ( Agence Sénégalaise d&rsquo;Electrification Ruarle) selon un élu de ladite localité. <a href="http://actu-senegalaise.senego.com/"><br />
</a></p>
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		<title>Interview avec Adama Sow, commerçant à Dakar</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 11:33:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Grand Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Adama]]></category>
		<category><![CDATA[déguerpissement]]></category>
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		<description><![CDATA[              « Macky Sall doit veiller à la livraison des sites de recasement » C’est à son ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><b> <img class="alignleft size-medium wp-image-717" alt="Adama Sow" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/04/Adama-Sow-300x231.gif" width="300" height="231" />             « </b><i>Macky Sall doit veiller à la livraison des sites de recasement</i> »</p>
<p style="text-align: justify"><b>C’est à son appartement situé aux Parcelles Assainies qu’Adama Sow nous donne rendez-vous pour cet entretien. </b></p>
<p style="text-align: justify"><b>La mine légèrement harassée qui contraste avec une envie de s’exprimer, il répond à nos questions. Manifestement, l’actualité du déguerpissement des vendeurs accusés d’occupation irrégulière est quelque chose qui lui parle. </b></p>
<p style="text-align: justify"><b>C’est donc avec une faconde bien circonstancielle qu’il aborde ce sujet avec nous</b>.</p>
<p style="text-align: justify">Depuis quelque temps, nous les mauvaises nouvelles ne manquent pas au sujet des déguerpissements notés ces derniers jours à Dakar.<span id="more-716"></span></p>
<p style="text-align: justify"><b>Vous sentez-vous visé ? </b></p>
<p style="text-align: justify">Si, je prévois bien qu’un jour, je serai déplacé, que ce soit ici aux Parcelles Assainies ou à Mbao.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Pourquoi pensez-vous que vous êtes visés par la mesure ? Vous êtes hors-la loi ? </b></p>
<p style="text-align: justify">Bon (petite hésitation)…On ne peut dire si nous sommes dans la loi ou pas. C’est bien la mairie qui nous a permis d’élargir notre place. Et quand nous payons mensuellement, nous le faisons au motif que nous occupons la place publique. Je pense que c’est légal. Donc, je ne vois pas pourquoi nous serions hors-la loi. Mais puisque ceux qui sont déjà déguerpis s’acquittaient de la taxe comme moi, je ne peux qu’avoir des craintes.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Donc, vous êtes  inquiet ? </b></p>
<p style="text-align: justify">Oui bien sûr.</p>
<p style="text-align: justify"><b>En cas de déguerpissement, pouvez-vous ob</b><b>jecter à la mairie que vous avez toujours honoré vos mensualités et que vous ne quitterez qu’après recasement ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Bon, l’Etat est au dessus de tout le monde. Personne ne peut l’égaler en termes de puissance. Il arrive qu’il rase des maisons pourtant dûment construites. Donc, je suis bien fondé à m’inquiéter au même titre que tous les autres vendeurs.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Comprenez-vous les causes de cette mesure ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Pour moi, on déguerpit les gens pour désengorger la capitale sénégalaise en vue de l’embellir. On déguerpit aussi pour fluidifier la circulation.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Donc, ça vous semble juste ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Oui, cette mesure consistant à déguerpir ceux qui occupent anarchiquement l’espace public me semble juste. Néanmoins, on aurait pu agir autrement. A mon avis, l’Etat doit aider à baisser le coût du loyer. Par exemple, je paie chaque mois 130.000 FCA (loyer), 20.000 FCA (mairie) et autres dépenses (pour le personnel notamment). Ce prix élevé de frais fait que je ne peux pas me permettre de louer un autre espace. Donc, je suis obligé d’élargir ma place en prenant le risque d’être déguerpi.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Si jamais où vous déguerpissez d’ici, quelles conséquences ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Voyez-vous, je dépense chaque mois 570.000 FCA. J’occupe un espace de 4 m2. Les produits stockés dans une telle étroitesse ne peuvent pas générer plus de 570.000 FCA. Je suis obligé de déborder un peu pour avoir plus de place. Or, en venant me déguerpir, la mairie exigera que je me contente de l’espace que j’ai déjà loué et qui se révèle trop étroit. Donc, je serai obligé d’aller chercher un autre endroit à louer en même temps, ce qui augmentera mes dépenses. Est-ce que je me fais comprendre ?</p>
<p style="text-align: justify">Oui</p>
<p style="text-align: justify"><b>Comment appréciez-vous la politique du nouveau régime en matière de gestion de l’espace public ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Pour moi, l’Etat est une continuité. Certes, le Président Wade avait eu maille à partir avec les marchands ambulants, mais au moins, il les avait rencontrés. Ces derniers étaient convenus avec l’ancien locataire du Palais de la construction d’un marché pour recaser tous ces vendeurs inquiets. Macky Sall doit veiller à la livraison des sites de recasement.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Dans cette perspective, y a-t-il selon vous des ruptures entre Abdoulaye Wade et Macky Sall ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Non, je trouve que nous sommes dans la continuité. L’actuel Président de la République n’a fait aucun geste concret. Les choses sont restées en l’état.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Depuis quelques temps, nous entendons vos camarades commerçants dire qu’ils n’arrivent plus à écouler leurs produits. Qu’est-ce qui expliquerait un tel état de fait ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Je trouve que Dakar n’offre plus de main d’œuvre. Par le passé, il y avait beaucoup de travaux qui occasionnaient de l’emploi pour des milliers de personnes. Ce qu’ils gagnaient étaient versé dans le panier de la ménagère. Etant donné que toutes ces personnes ne travaillent plus dans les sentiers, chacun devient commerçant. Donc, de moins en moins d’acheteurs. Parce qu’il faut dire que le commerce, l’élevage et la pêche sont des activités qu’on pourrait qualifier de pis-aller. Quand on ne sait plus où aller, on s’y agrippe.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Vous venez du Gandiol (Saint-Louis) pour vous installer à Dakar. Le commerce nourrit-il son homme aujourd’hui ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Le commerce ne nous arrange plus. Quand je venais fraichement de débarquer à Dakar, peu de personnes s’adonnaient à cette activité. De nos jours, tout le monde le pratique, y compris ces milliers de villageois qui ne trouvent plus du travail à la campagne.</p>
<p style="text-align: justify"><b> </b></p>
<p style="text-align: justify"><b>Qu’est ce que tes camarades ressortissants de Gandiol en pensent ? </b></p>
<p style="text-align: justify">Ils ont le même avis que moi.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Le Gandiol est une zone réputée pour la richesse de son agriculture ? Vous vous y retournerez un jour ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Absolument. En ce qui me concerne, j’ai beaucoup de projets pour le Gandiol. Vous avez parlé d’agriculture, n’oubliez pas qu’on peut aussi y travailler dans les secteurs de la pêche et de l’élevage. Mais tout cela demande des moyens. Nous y réfléchissons actuellement.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Quelle alternative face à l’aridité de l’exercice du commerce dans les circonstances actuelles ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Ayant compris que vivre à Dakar devient de plus en plus cher, et que le commerce est peu rentable, je pense déjà tout à fait autre chose.</p>
<p style="text-align: justify"><b>S’il vous était possible de conseiller l’Etat en matière d’emploi des jeunes, que lui diriez-vous ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Deux seules choses. La première, protéger les intérêts de chaque citoyen. Que ceux qui sont suspects de tricherie en répondent. La seconde, je recommande au Président Sall de transférer la capitale pour désengorger un peu. Qu’il assiste les agriculteurs car ils ne demandent qu’à travailler. IL faut les encadrer et leur assurer des moyens.</p>
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		<title>Autour du mariage chez les Peuls du Gandiol, interview avec Doulo Bambaado</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 11:24:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Grand Entretien]]></category>
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		<category><![CDATA[Gandiol]]></category>
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		<category><![CDATA[sens]]></category>

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		<description><![CDATA[         &#160;&#187;Par le passé, quand on annonçait le mariage d’une fille, sa maman achetait beaucoup de paquets ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em><img class="alignleft size-medium wp-image-500" alt="Doulou Bambado Photo par Ousmane GUEYE" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2011/09/2011-07-18-17.49.25-300x225.jpg" width="300" height="225" /></em></p>
<p style="text-align: justify">         &nbsp;&raquo;<em><strong>Par le passé, quand on annonçait le mariage d’une fille, sa maman achetait beaucoup de paquets de sucre et les distribuait aux voisins et parents</strong></em>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><em>Il y a quelque temps, Doulo Bambaado -comme on le surnomme- nous avait accordé un entretien. C&rsquo;était lors d&rsquo;une cérémonie de mariage à Dégou-Niayes (dans le Gandiol), moment favori pour revenir avec lui sur les principaux rôles sociaux liés à l&rsquo;institution &laquo;&nbsp;mariage&nbsp;&raquo; dans la communauté peule. C’est avec une grâce étonnante que le très jeune griot peul a accepté notre requête. Un bambaado-c&rsquo;est-à-dire dont le rôle est de transmettre la tradition, chanter lors des cérémonies heureuses, etc.- pressé d&rsquo;être interrogé sur ce qu&rsquo;il sait dire avec passion.</em></p>
<p style="text-align: justify"><b><i>Que signifie le rôle du « baabo », littéralement le père dans la tradition du mariage chez les Peuls ?</i></b></p>
<p style="text-align: justify">Ousmane, je te remercie pour avoir posé cette question car elle revêt une immense importance.<span id="more-715"></span></p>
<p style="text-align: justify">Par le passé, il existait la relation de parenté entre des frères et des sœurs  dont les parents partagent le même père ou la même mère. Cela existe encore aujourd’hui.Quand je veux donner la main de ma fille à quelqu’un, je désigne un de ces frères-là comme étant le père d’emprunt de ma fille, histoire d’honorer et de renforcer  la relation  de parenté. Ce frère qu’on désigne comme le papa de ma fille donnera la main de celle-ci en lieu et place du vrai papa que je suis.</p>
<p style="text-align: justify">Après avoir donné la main de ma fille, la famille et les voisins vont lui remettre des cadeaux. Mais, puisque ce dernier doit offrir le taureau qui sera égorgé au nom de son rôle de père d’emprunt, il lui sera donné la somme pour l’acheter.</p>
<p style="text-align: justify"><b><i>Que signifie le rôle du « yummo », littéralement le père dans la tradition du mariage chez les Peuls ?</i></b></p>
<p style="text-align: justify">Cela procède de la même logique que le rôle du « baabo ». Il sera attribué à une fille, ou femme (au besoin) dont nos deux mamans respectives partagent le même père ou la même mère. Tout comme ce qui est attendu du « baabo », le « yummo » fera la même chose, à quelques nuances près. C’est une sorte de commerce. C’est pourquoi, de nos jours, le rôle de « yummo » n’est plus confiné dans le cercle familial. Mais il est élargi à tous les membres de la société. On peut l’attribuer à quelqu’un au nom de l’honneur qu’on veut lui rendre, ou tout au moins, au nom d’un apport considérable en biens matériel qu’on attend de lui.</p>
<p style="text-align: justify"><b><i>Que signifie le rôle du « gorgol », littéralement le père dans la tradition du mariage chez les Peuls ?</i></b></p>
<p style="text-align: justify">La relation de « gorgol », c’est celle qui lie le fils d’un frère à la sœur de ce dernier. De cette relation particulière, il ressort que l’enfant est le fils de la sœur et que cette dernière est son « gorgol ». Ce rôle aussi a subi de fortes emprises de la modernité. Il n’est plus seulement concentré au niveau du cercle familial, mais peut est attribué à quiconque au nom du bénéfice qu’on peut espérer en retour !</p>
<p style="text-align: justify">Quant à la  « jeekiraado » ou « cuddoowo », c’est elle qui offre les pagnes à la mariée. Ces pagnes servent à couvrir le visage de cette dernière comme il est exigé lors du mariage. Leur accès est interdit à une veuve,  une divorcée aussi. La « cuddoowo » viendra donner un nom au futur bébé attendu du couple qui vient de se marier. Cette prérogative lui est reconnue.</p>
<p style="text-align: justify"><b><i>Parlez-nous du « lal »</i></b></p>
<p style="text-align: justify">Par le passé, quand on annonçait le mariage d’une fille, sa maman achetait beaucoup de paquets de sucre et les distribuait aux voisins et parents. Le jour du mariage, ces derniers vont lui donner de l’argent et des cadeaux- qui peuvent être des bassines, des pagnes…</p>
<p style="text-align: justify">Le jour venu, les membres de la famille d’où part la mariée, étale des pagnes. Maintenant, c’est plutôt des nattes. Voilà ce qui est appelé « lal ». C’est sur ces nattes ou pagnes que les cadeaux seront reçus et les noms de ceux qui les ont apportés seront ostensiblement cités.</p>
<p style="text-align: justify"><b><i>Quid du « caayo » ?</i></b></p>
<p style="text-align: justify">C’une veillée nocturne autour de chants à l’honneur de la mariée, faite à la veille de son mariage.</p>
<p style="text-align: justify">Quant au « <b>Kakargol</b> », c’est une façon de préparer la mariée à sa nouvelle vie conjugale. Lors de cet instant solennel, elle sera injuriée par les femmes qu’elle a trouvées là. Par ces moqueries et quolibets, on lui apprend à préparer la rivalité avec ses potentielles coépouses.</p>
<p style="text-align: justify"><b><i>Entretenez-nous de la préparation du mariage chez la fille</i></b></p>
<p style="text-align: justify">Il y a plusieurs procédés chez les Peuls. Quand arrivait l’heure de sortir de chez elle pour rejoindre sa demeure conjugale, on exigeait à la fille de prendre des bains. Il lui était même interdit de passer par certains endroits. On lui couvrait le visage pendant au moins deux jours, tout cela s’est enfoui dans l’histoire.</p>
<p style="text-align: justify"><b><i>Qu’est ce qui a changé dans la façon des Peuls de célébrer le mariage ?</i></b></p>
<p style="text-align: justify">Auparavant, tu ne pouvais même pas connaitre ton épouse, c’est ton papa qui allait faire toutes ces démarches et sceller l’union. Tu ne peux dévisager ta femme que deux jours après sa venue.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui, tout a changé. On serait même tenté d’affirmer que c’est la fille qui va demander la main du garçon. Le griot, le « bambado » n’arrive plus à nourrir son violon, son « hoddou ». Quand il se met à chanter, sa voix se noie dans le brouhaha des tubes de la musique moderne. Un pan de notre tradition peule s’est écroulé.</p>
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		<title>Pape Cheikh Thiam, un acrobate politique</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 12:54:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ousmane Gueye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Gandiolais du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Gandiol]]></category>
		<category><![CDATA[ndiebene]]></category>
		<category><![CDATA[Pape Cheikh Thiam]]></category>
		<category><![CDATA[PCR]]></category>

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		<description><![CDATA[L’ascension politique du président du Conseil rural de Ndiébène Gandiole n’a rien d’extraordinaire. Mais son histoire –qui s’écrit encore- n’est ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><i><img class="alignleft size-medium wp-image-710" alt="Dame Thiam" src="http://ousmanegueye.mondoblog.org/files/2013/04/Dame-Thiam-231x300.gif" width="231" height="300" />L’ascension politique du président du Conseil rural de Ndiébène Gandiole n’a rien d’extraordinaire. Mais son histoire –qui s’écrit encore- n’est pas banale. Né en 1968, une année révolutionnaire qui a vu céder des interdits séculaires, Pape Cheikh Thiam entend restituer à la politique son sens originel : servir la Cité. Ses moyens sont limités, mais son désir d’action infini. Connaissance avec celui qui ne trouve aucun scrupule à déclamer que la politique est son sport de prédilection</i>.<span id="more-709"></span><!--more--></p>
<p style="text-align: justify">S’il est un passé qui ne passe pas, c’est bien celui de Pape Cheikh Thiam. A treize ans, une fêlure brutale et douloureuse s’opère dans sa vie : sa mère le quitte à jamais. Dame dont il parle avec amour et reconnaissance. Un regret d’autant plus amer qu’élu à la tête de sa communauté rurale, Thiam n’a su porter en triomphe une maman qui l’a forgé pendant de longues années.</p>
<p style="text-align: justify">Celui qui est devenu le premier PCR de Ndiébène Gandiole a eu une jeunesse bien pénible. Voilà ce qui a freiné son cursus scolaire en classe de sixième déjà. Sa mère aux conditions fort modestes n’a su continuer à financer ses études ainsi que celles de ses frères. L’enfant plie, mais ne rompt pas. Aujourd’hui encore, acharné plus que jamais à apprendre, Pape Cheikh trimbale avec des ouvrages. Et ce, précise-t-il, pour ne pas être mené par le bout du nez dans ses relations avec les autres où la maîtrise de ce que l’on avance s’avère une exigence fondamentale.</p>
<p style="text-align: justify">Dame Thiam a aussi été à l’école coranique. Il eut un marabout, à en juger par ce qui suit, d’une rare prévenance puisqu’il lui a donné la main de sa fille. Pape Cheikh est un polygame de deux épouses, père d’une fille.</p>
<p style="text-align: justify">De taille élancée, un style vestimentaire pas vraiment recherché, le pas encore alerte, Dame Thiam doit avoir quelque chose à voir avec un acrobate. Le repos est le cadet des soucis de ce PCR qui, du matin au soir, parle, gesticule, part d’un lieu à un autre sans jamais s’interrompre. Sa maison ne désemplit presque jamais, « assiégée » qu’elle reste par ses amis, de simples visiteurs quand ce ne sont des anonymes venus le consulter.  Toutes choses qu’il accepte en bonne logique : « <i>Parfois, c’est un peu fatigant, mais je n’ai pas le droit de me plaindre parce que personne ne m’avait forcé </i>(Ndlr, forcé à devenir PCR) ».</p>
<p style="text-align: justify">Thiam est d’une prodigalité sans bornes. Ses proches ne tarissent point d’éloges sur lui. Une générosité contrebalancée par une forte exigence dans le travail. Ses premières armes politiques décisives, il les a affûtées en tant qu’élu de la communauté rurale de Gandon, celle dont le Gandiol a longtemps dépendu avant de s’en affranchir –ou plutôt d’en être affranchie- en 2009. De là, il a acquis une solide expérience assortie d’une connaissance profonde de l’histoire du Gandiol qui ne se démentent jamais.</p>
<p style="text-align: justify">Très jeune, cet homme a porté la politique dans son cœur. Il se risque même à des maximes du genre « si vous ne voulez pas perdre, n’y entrez surtout pas ! ». C’est son sport préféré comme il le martèle, plus qu’un sport de préférence, c’est même d’un sport de combat qu’il s’agit.</p>
<p style="text-align: justify">L’idéologue du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) exerçait un irrésistible attrait sur le jeune homme. Assoiffé d’engament qu’il est, Dame Thiam s’est laissé aller le plus simplement du monde. Abdoulaye Wade était devenu alors sa coqueluche, son inspirateur favori : « <i>Vous savez, très tôt, nous avons suivi l’ancien président de la République Abdoulaye Wade. A chaque fois, quand nous le voyions apparaitre à la télévision, c’était toute une jeunesse qui l’accompagnait en scandant « Sopi, Sopi ». Ça  nous fascinait</i> ».</p>
<p style="text-align: justify">Mais si la verve généreuse de son tribun à lui était déterminante dans son enrôlement au PDS, elle n’en était pas le seul facteur explicatif. Des liens de parenté forts rapprochent l’élève et le maître. Le premier est en effet le petit-fils de la sœur du second : Maréma Wade. Cette dernière est « la mère de ma mère, Maimouna Mbengue », explique l’actuel président du Conseil rural de Ndiébène Gandiole.</p>
<p style="text-align: justify">L’échéance électorale pour les locales est une perspective qui n’inquiète pas Pape Cheikh. Il est convaincu que les populations ont bien apprécié son travail depuis 2009 à la tête de la communauté rurale. Un souvenir ? Le 25 Mars 2012 quand Abdoulaye Wade s’est avoué vaincu au sortir de l’élection présidentielle, ça n’a vraiment pas surpris Pape Cheikh Thiam qui trouve que c’était prévisible en raison d’une polarisation de l’opposition contre la candidature du président de la République.   Reste à voir non pas l’avenir de son idéologue, mais son avenir propre dans un terroir où ses concurrents ne manquent pas.</p>
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